LE KAOLACKOIS

Une identité sénégalaise dans la langue française

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Dans ce site, on expose nos recherches sur le français du Sénégal


La naissance d’une langue nouvelle


Le français du Sénégal est né du contact des langues en présence et revendique son identité culturelle

De tout temps, le Sénégal a été caractérisé par la diversité linguistique tributaire de sa diversité ethnique. Ainsi, en dehors des six langues nationales que sont le wolof, le pulaar, le sérère, le diola, le mandingue et le soninké s’ajoute le français, langue officielle et de promotion sociale. Ce champ linguistique a fait que l’on assiste à un mélange de langues de toute couleur. c’est dans cette perspective que nous voulons étudier, au cœur même de cette diversité, les interférences des langues locales ou langue première sur le français, langue cible et de démontrer, à partir de là, qu’il existe, comme au Canada et en Belgique, un français typiquement sénégalais qui, comme une étoile étincelante, a pris son indépendance culturelle.


Le professeur Moussa Daff, en parlant du français du Sénégal, écrit « Nous parlons de français mésolectal ou de français régional pour signaler que c’est dans cette variété que les particularismes régionaux sont les plus nombreux et que c’est en son sein que se manifestent avec le plus de netteté les caractères spécifiques de la norme endogène. C’est également cette variété qui est la plus atteinte par les phénomènes de métissage par le biais de l’interférence discursive. Et cela parce que le français mésolectal assure les fonctions de véhiculaire entre Sénégalais francophones (…)»


Le Professeur Amadou Ly (1992 : 111) parlant de la langue poétique sénégalaise qu’ :

« Il semble que la poésie sénégalaise de langue française soit un ectophyte : elle n’est ni mangue ni abricot, étant à la fois mangue et abricot.

Mais un fruit qui n’est ni mangue ni abricot, mais qui tient des deux, n’en est pas moins un fruit. Il possède une forme, un goût, une chair qui lui sont propres, et si on peut le dédaigner pour sa propre table, on ne lui en niera pas pour autant sa réalité.

C’est le cas de la poésie sénégalaise (…), et plus généralement, de la littérature sénégalaise et africaine en langue française. »

Ce fruit hybride se traduit dans l’écriture par l’usage de la norme endogène qu’on peut interpréter comme une revendication de copropriété francophone.



Massa Makan Diabaté, par exemple, répondant à une question de Bernard Steichen sur la problématique des littératures nationales dit ceci :

« J’essaie de donner à mon français, qui n’est pas le français de France, une coloration africaine, en y mêlant des proverbes, des récits et surtout en faisant, comme je l’ai toujours dit, « quelques petits bâtards à la langue française » (…) mais je pense que je suis fondamentalement francophone ».



VIDÉO. Le français parlé au Sénégal.

Reportage illustrant le métissage du français avec les langues locales au Sénégal. Quelques plans de l’île de Gorée. Balade en voiture dans Dakar et dialogue entre le journaliste et un Sénégalais mettant en évidence l’influence des parlers locaux sur le français . Par exemple, à Dakar, on dit « essencerie » pour poste d’essence , écritoire pour stylo et une « dibiterie » est un endroit où l’on vend de la viande grillée. Itw Raymond MAUNY à propos des emprunts du français aux langues africaines et inversement des apports de ces dernières au français comme les mots banane (d’origine guinéenne) ou babouin, mot wolof.



VIDÉO: Interview de LÉOPOLD SEDAR SENGHOR.


PORTRAIT SOUVENIR
ORTF – 22/06/1962 – 00h01m55s

Interview de LÉOPOLD SEDAR SENGHOR. Léopold Sedar Senghor parle des écrivains et personnalités qu’il a rencontrés à Louis le Grand et de ses lectures.


VIDÉO : POÈTE ET PRÉSIDENT : LÉOPOLD SEDAR SENGHOR

« A l’appel de la race de Saba » (extrait, « Mère sois bénie »…)


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25/01/2009 Posted by | Uncategorized | Laisser un commentaire